Samedi 26 novembre 2011
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Xavier, dyslexique et prof de maths
Dyslexique,
dysorthographique, dyspraxique et dyscalculique. Des mots qui inquiètent. Pour réussir, malgré ces troubles, Xavier Taupenas a dû faire preuve de volonté et d’investissement. Parcours d’un jeune
homme qui a su se créer des stratégies de compensation.
A quel moment vous
a-t-on diagnostiqué "dys" ?
"J’ai été diagnostiqué très tôt car, dès la maternelle, je présentais des troubles au niveau de la logique. Puis, au CE1, le
diagnostic a été confirmé. Je suis dyslexique, dysorthographique, dyspraxique et dyscalculique, tout cela sous des formes moyennes.
Petit, je ne me rendais pas compte de ma dyslexie. C’est en devenant autonome que j’ai pris conscience des gênes occasionnées au
quotidien par ce trouble."
Comment s’est
déroulée votre scolarité ?
"J’ai rencontré de très grosses difficultés pour apprendre à lire et à écrire. C’était une catastrophe. Je savais parler, mais
dans un texte écrit, je ne pouvais pas reconnaître les mots. Ma mère a consacré de nombreuses heures à m’aider. On travaillait jusqu’à minuit tous les jours. Quand on est dyslexique, il faut
travailler deux fois plus que les autres pour obtenir des notes correctes. Il y a une grosse part de volonté.
Jusqu’à 18 ans, j’ai bénéficié d’un suivi orthophonique, à raison de 2 séances par semaine. A l’école, j’étais un cas marginal.
Les professeurs manquaient sans doute d’outils et de formation. C’est ma mère qui leur expliquait comment fonctionner avec moi.
Au fil du temps, j’ai adopté des moyens de compensation : répéter les phrases entendues avant de les écrire, faire des schémas ou
écrire sur un brouillon peut aider… Et puis, je m’en sors assez bien à l’oral. Pour preuve, au bac de français, alors que j’ai obtenu un 4/20 à l’écrit, j’ai eu un 16 à l’oral.
Mais c’est avec les maths que j’ai contourné mes problèmes. J’ai suivi un bac S. Dès la 3ème, j’ai compris que c’était dans ce
domaine que je m’en sortais le mieux. J’ai même été major de ma promo à la faculté."
Avez-vous bénéficié
d’aides spécifiques ?
"Je ne souhaitais pas particulièrement être accompagné d’un AVS (auxiliaire de vie scolaire), alors nous n’en avons jamais fait
la demande. Par contre, j’ai bénéficié du tiers temps supplémentaire lors des examens dès le lycée. Cela me permettait de relire attentivement ma copie et d’y corriger un maximum de
fautes.
A la fac, sans la reconnaissance de ma dyslexie par le BIESH (bureau de l’insertion des étudiants en situation de handicap), je
n’aurais pas pu réussir. Cette cellule prévoit des plannings de partiels différents des autres étudiants, qui tiennent compte des aménagements spécifiques dont je bénéficie."
Lorsque vous
enseignerez les maths, allez-vous parler de votre dyslexie à vos élèves ?
"Oui, j’ai pour l’instant réussi les écrits du CAPLP(1) pour enseigner les mathématiques et la physique en lycée
professionnel. Je stresse un peu à l’idée d’avoir à écrire au tableau. Il y aura forcément des fautes qui se glisseront ici ou là. Je pense que je serai honnête avec les élèves. Peut-être que je
ne nommerai pas tout de suite la dyslexie mais je les préviendrai qu’ils risquent de devoir me corriger."
1. Certificat d’aptitude au professorat de lycée professionnel.
Source : Onisep.fr